Tavernier, le métier le plus tactique du monde
Savez-vous combien de pages font les règles à proprement parler ? Environ quatre, ce qui est non seulement assez peu en soi, mais surtout très étonnamment peu en comparaison avec la peur que Taverna peut engendrer quand on le déballe pour la première fois, et dans la mesure où sa quantité de jetons, tuiles et cartes différentes donnent une féroce impression de complexité. Et ces règles sont illustrées, longuement exemplifiées, revenant sur tout ce qui pourrait paraître ambigu, parfaitement claires. Même plus besoin après leur lecture de déchiffrer le plateau qui paraissait si hermétique de premier abord, il est soudain si limpide que vous n’aurez sans doute même plus à vous référer au livret que pour des points de détail – et encore.
Quelque part, cela m’a fait songer à Imaginarium, cette impression première d’une difficulté insurmontable, puis l’admiration pour les concepteurs qui ont su manifester tant de clarté, dans le livret de règles puis sur le plateau. Comme dans Imaginarium, les tours sont assez courts et offrent pourtant un éventail de possibilités très étendu, et si la course est assez linéaire, les rouages en sont d’une singulière finesse. Comme Imaginarium enfin, Taverna est un jeu qu’il est difficile de ne aimer et de ne pas recommander : tactique, abordable, beau, et surtout extrêmement agréable dans la perversité stratégique des parties à deux joueurs ou l’apparent chaos des parties à cinq. Convaincu par Pocket Ops et par Not Alone, conquis par Taverna, je n’ai plus qu’une seule hâte, tester la prochaine production des trop rares Geek Attitude Games !
L'intégralité de mon test est lisible sur VonGuru :