Etrange jeu de lumière
contexte : 1 partie à 2 , 1 partie à 4
Tekhenu est un jeu que j'ai du mal à classer. En terme de design mécanique, on est dans quelque chose de finalement assez bateau, bien loin de l'originalité et l'élégance du Tzolkin des mêmes auteurs. Et pourtant j'ai pris beaucoup de plaisir à y jouer. Peut-être le charme de ses paradoxes.
au niveau de sa dimension tactique/stratégique. Les scoring ( côté exponentiel, objectifs de parties) le jeu invite à avoir une direction forte, mais à côté de ça il y a une espèce de bordel ambiant avec les changements d'accès des dés, la file de carte qui fait qu'il faut constamment s'adapter aux opportunités.
Côté PV , sur la papier on est dans ce qu'on appelle la soupe, avec notamment ses décomptes en 7 phases !! Et pourtant à y regarder de plus près : ce décompte n'apparait que 2 fois dans la partie (dont la seconde à la fin) et seul le décompte de construction (un peu alambiqué il est vrai) apporte de base du PV en cours de partie. Et j'aime bien pouvoir me concentrer sur le jeu plutôt qu'avoir cette sensation de petits pas constants de PV.
Le système d'ombre et lumière est assez indéchiffrable à lire (en terme lecture tactique). Mais il faut le voir dans l'ensemble et ça apporte un flux de dé assez intéressant et même anticipable , avec des moments où une action pourra devenir carrément inexploitable. Côté choix d'action, pas d'effet en quadruple bande : l'action est claire et directe et donc intéressante dans les décisions.
Même côté thème, si dans l'absolu on est dans du pur "euro" avec une prime sur les mécaniques qui ne raconte pas grand chose, il y a des trucs agréables comme l'échelle population/bonheur, le papyrus pour avoir de la connaissance, le soutien des dieux et puis ce clin d'oeil à la balance de l'âme. Je trouve ça intéressant de sortir du classique effet de corruption un peu binaire ( bouh c'est mal !), là il faut plutôt viser un équilibre. Avec un bon dosage entre la contrainte, présente, mais pas non plus bloquante.
Je crois que finalement c'est cette ambivalence qui fait le caractère de ce jeu : bordélique et pourtant bien structuré, exigeant tout en laissant beaucoup de flexibilité, un peu froid avec des coups de peps par notamment une belle présences des cartes.
A rejouer