"Destinée"
La moyenne dans tous les critères.
Graphiquement réussi, à mi chemin entre laideur et beauté. Un matériel simple.
De ce côté de nombreux jeux se suffisent de peu pour être fonctionnels, comme Age of Steam, par exemple. Cependant Tempus souffre d’un premier soucis : des couleurs trop approchantes. Pions bleus clairs ou bleus foncées et tuiles cités au teintes dissonantes et peu contrastées.
On se perd parfois... souvent.
Mais le jeu reste parfaitement jouable. Disons que nous y perdons en reconnaissance du terrain ce qui freine rythme et compréhension des situations.
Le jeu dans sa mécanique est très agréable, souvent malin mais semble trop guider le joueur.
L’évolution d’époque en époque est très ingénieuse tant on est rapidement suivi par les adversaires ce qui pousse à vouloir lutter pour une évolution particulière pour en profiter un tour de plus que les autres.
Double tranchant : certains se laissent guider par le courant optant pour une autre stratégie, celle de l’attaque ou du développement sournois.
Mais les combats sont, bien que simples en théorie, complexes à mener. A moins de se refuser tout développement on ne peut miser sur l’offensive sans une bonne mains de cartes. Et qui dit carte dit action « avoir une idée » (piocher)… et les actions sont rares au début.
Mais il ne faut pas louper son entrée en jeu, son développement… il faut s’étendre, donc miser sur d’autres actions : « avoir des enfants », « se déplacer »…
Mais on a des enfants que sur les plaines (rares)… donc le placement initial est crucial (déséquilibre évident entre celui qui n’a fait ne serait-ce qu’une partie contre le novice).
En vérité, tous les évènements poussent vers d'autres évènements , comme un effet boule de neige. On se sent guider dés les deux premiers tours.
Ajoutons un déséquilibre évident du pouvoir des cartes (« Religion » est d’une puissance incroyable quant aux autres).
En bref, le jeu est tout de même agréable. On lutte, on se démène mais souvent en vain. J’aurais personnellement appelé ce jeu « Destinée » car l’avenir y semble écrit dés la pose des premières pierres.
Le but du jeu est donc lutter contre ce destin, cette fatalité que déclenche le système et non contre ses adversaires. En effet tout ceux qui ont eu sous mes yeux une stratégie destructrice ont perdu.
Je retiendrai cette phrase : « Pour faire la paix, prépare la guerre ». Se développer assez pour que tout adversaire renonce à vous attaquer sur votre terrain tout en allant le chatouiller un peu dans ses contrées et qu’il vous y attaque, juste pour qu’il perde du temps dans son développement.
On croirait voir le développement des pays occidentaux face au reste du monde : Si je me bat avec toi, tu stagnes tandis que dans mon pays je m’engraisse.
Voilà le caractère le plus intéressant du jeu.