Leurré en beauté !
Tyrus bénéficie d’un matériel splendide. Les pièces en bois vernis sont véritablement agréable à manipuler et participent évidemment au plaisir de jouer.
Les règles sont très simples et clairement rédigées. On peut plonger rapidement dans le vif du sujet.
Malheureusement ces quelques points positifs à l’ouverture de la boîte sont vites gommés par une désagréable impression ressentie dés la première partie. On a le sentiment de subir le hasard trop fortement. Le tirage des tuiles et son côté aléatoire donne le ton. Tyrus prend des allures de jeu abstrait faussement tactique mais n’applique finalement que des mécanismes simples inspirés du Chi Fou Mi. J’ai été passablement déçu par un jeu qui se joue seulement en tête en tête et où l’ambiance est assez terne. On bluffe au pifomètre en début de partie puis on joue sur les probabilités lorsque le stock de tuiles s’épuise sur la fin. Dans le même style, Morgenland , pour ne citer que lui, apporte beaucoup plus de fun par son thème et son matériel.
La variante qui consiste à jouer la défausse face visible me semble indispensable pour apporter au jeu un peu d’intérêt.
On peut choisir de perdre volontairement à un endroit pour mieux concentrer ses forces sur un autre. On peut être alors amusé, lors d’une élection, par le gaspillage inutile de tuiles fortes par l’adversaire. Mais le plaisir de jouer se limite à ces quelques ruses répétitives…
Tyrus ne m’a guère emballé et ne m’a paru être finalement qu’une variante luxueuse et à peine plus complexe du légendaire « Pierre-Papier-Ciseaux ». Sa présentation véritablement superbe parvient à faire oublier des défauts un peu trop perceptibles. C’est un jeu que l’on peut qualifier d’idéalement simple pour initier des débutants et pour jouer rapidement au moment de l’apéritif.