Macramé ou crochet ?
Disney abandonne un instant Marvel et Star Wars pour se plonger dans son propre univers et c'est tant mieux. Mitonné par Prospero Hall, le studio qui nous avait pondu Kero, le matériel a de l'allure et, ne nous voilons pas la face, on est content de retrouver les personnages de notre enfance.
Il y a peu de jeux que je mets sur ma liste « à essayer à tout prix » et Villainous en faisait partie. La déception est à la hauteur de mon attente.
Surfant sur le principe asymétrique qu'on retrouve en ce moment dans Root, Disney nous propose d'incarner des méchants avec chacun leur propre paquet de cartes et résolution de victoire. Vous devrez donc sur votre plateau personnel, activer, selon les lieux où vous vous placez, les pouvoirs (poser une carte, déplacer une carte, défausser, combattre...). Cette mécanique est bien vue puisqu'on ne peut pas tout faire, on a toujours envie de tel symbole et d'un autre qui se trouve dans le lieu voisin. Il y aura de l'optimisation à gérer tout en s'adaptant à ce que vous donne la pioche.
Où ça passe moins bien c'est le hasard qui fait trop ou trop mal les choses. Pour ma première partie, j'incarne Crochet. Je dois débloquer un lieu, trouver Peter Pan et l'amener sur mon bateau. Les premières cartes que je tire me permettent de déverrouiller le lieu et de faire des actions de déplacement supplémentaires. En cherchant un héros dans ma pile de malédiction je tombe sur Peter. Et si ces deux cartes avaient été au fond de mes pioches ? La partie annoncée pour 90 minutes, durera 30 minutes. Il semble que j'ai eu énormément de chance.
Mais le principal reproche que je lui fais est son manque d'interaction (certes on place des malus chez l'adversaire mais on se contrefout de savoir comment il les résout). Chacun joue sur son plateau, fait ses actions en mode autiste. Comparé à Root, puisque je le citais à dessein, c'est ce manque de convivialité qui est le plus rédhibitoire. Root a ses propres règles mais se joue sur un plateau commun, la grande différence, où on se rencontre, s'affronte. Root est un jeu de société alors que Villainous est plus proche du jeu d'optimisation.
Certains paquets, notamment celui avec Pat Hibulaire en n\&b relèvent la note et parviennent à proposer des choses plus variés.