Vers le renouveau du jeu de conquêtes !
La poussiéreuse école américaine du jeu de conquêtes, chez Avalon Hill, Eagle Games, MB Masters et autres Fantasy Flight, ne m'a jamais convaincue. Jeux lents, statiques, figés, dont les parties se ressemblent toutes, et les jeux entre eux, aux règles longues et alambiquées se résumant bien souvent à une partie de 10.000 géante... Bref, des jeux prétendument stratégiques et finalement plutôt des jeux de chance et de diplomatie.
Vinci est un des premiers essais concluant de renouveau du genre, et encore aujourd'hui un des meilleurs, avant les chefs-d'oeuvres de Martin Wallace.
Tout en reprenant des systèmes déjà vus ailleurs (le renouvellement des civilisations à la History of the World, les combats sans dés à la Civilisation), l'auteur a réussi à obtenir des règles simples et efficaces, tout en gardant "l'esprit" du jeu de guerres des années 80. Bien qu'il paraisse abstrait au premier abord avec ses civilisations crées de toutes pièces et sans nom ni histoire précise, on imagine et visualise parfaitement la montée et le déclin des empires, des barbares scandinaves aux légions romaines en passant par les riches cités italiennes du XVIe siècle. De plus, le système favorise grandement le renouvellement des parties, au contraire de nombreux jeux du genre "figés" sur des situations de départ "fidèles à l'Histoire avec un grand H".
Pourquoi chercher à réécrire l'histoire tout en restant collés aux faits historiques qui auraient tout à fait pu arriver à des milliers de kilomètres de là, plusieurs siècles avant ou après ?
Reste un léger problème régulièrement relevé de "kingmaker" en fin de partie, où le joueur de tête est vite pris pour cible par les autres joueurs. Celui ci sera aisément corrigé en "cachant" les points de victoire, et en marquant ceux ci avec des cartes numérotées ou autres billets de Monopoly gardés cachés.
Il y a trois ou quatre ans, j'aurais mis un 5/5 les yeux fermés. Aujourd'hui, je le reserverais plutôt aux meilleurs créations de Martin Wallace.