Wild Space, Wild Game ?
Admirant beaucoup le Dicium de Joachim Thôme, et connaissant l’exigence du trop rare éditeur Catch Up Games, je plaçais peut-être des espoirs démesurés en Wild Space, dont la boîte est après tout bien plus réduite et comporte essentiellement des cartes, pour un jeu s’annonçant malin et relativement simple.
Simple, Wild Space l’est indéniablement : mis en place en deux minutes, ses principes peuvent être expliqués en une seule, et il ne reste qu’à placer à disposition de chacun l’explication des pictogrammes pour très vite commencer une partie très dynamique, s’achevant après dix actions de chaque joueur à peine. Si l’on ajoute à cela que les cartes en sont si équilibrées qu’aucune ne ressort réellement par sa puissance, on pourrait avoir l’impression d’un titre consommable, aussitôt joué aussitôt oublié, un peu fade… et rien ne serait plus faux.
C’est qu’il n’est pas si « simple » qu’ « élégant ». Contournant le risque d’analysis-paralysis (parce que l’on identifie assez spontanément nos options par rapport à nos cartes en jeu et en main), il propose juste assez de manières de scorer pour rester lisible sans que l’on sache plus où donner de la tête, plongé dans l’inattendue excitation des nombreux combos à réaliser et à optimiser si l’on veut seulement essayer de faire quelque chose.
Wild Space a en effet cette grande idée de nous faire mériter chaque pioche et chaque pose de carte, qui deviennent autant l’enjeu de nos actions que le choix de la carte à piocher et poser elle-même. Toute combinaison permettant de réaliser deux voire trois actions en une seule, de faire quelque chose d’aussi bête que piocher une carte et en poser deux, apparaît comme un luxe incroyable, comme un puissant élan loin devant nos adversaires. Il faut peut-être essayer le jeu, associer cette élégance aux jolies illustrations d’Amélie Guinet, afin de saisir à quel point elle est impressionnante... et cela tombe bien, le jeu est disponible gratuitement, avec son extension, en print and play sur le site de l’éditeur !!
L'intégralité de l'analyse de Wild Space est lisible sur VonGuru :