Dédé dans la jungle
Wiraqocha c'est une sorte de jeu de conquête et de gestion de dés se passant dans la jungle amazonienne pendant une époque victorienne alternative et steampunk.
Le matériel est très beau et d'excellente facture. J'aime beaucoup les illustrations et le plateau modulable (on le retrouve dans plusieurs jeu mais j'aime toujours autant).
Petit bémol cependant sur les illustration des pions blancs (récupérés en faisant des recherches technologiques) : il est difficile de savoir à quel type d'unité correspond le pion (foreuse, zeppelin, explorateur?) et il n'est pas aisé de savoir à qui appartient le pion une fois en jeu (quand on veut ralentir la progression d'un joueur en particulier, c'est assez handicapant).
La mécanique est très sympa : on utilise des combinaisons de dés pour conquérir des zones / attaquer ses adversaires.
Chaque zone conquise rapporte des ressources. Celles-ci servent à se développer en faisant des recherches technologiques, à modifier le réultat des dés et surtout à gagner!
Il y a trois façon de l'emporter, chacune demandant une stratégie différente.
Cependant, c'est là que le bât blesse je trouve.
En effet, comme le jeu est pas mal soumis aux tirages de dés (les nôtres et ceux des autres), il n'est pas toujours simple d'établir une stratégie à long terme. Récupérer les 4 crânes par exemple requiert plusieurs combinaison de dès rendant cette façon de gagner peu planifiable.
Le jeu se base donc beaucoup sur l'opportunisme. Il est plus tactique que stratégique finalement.
Mais ceux qui ne le comprennent pas, qui aiment tout calculer, sont tenter de se dire qu'ils ne peuvent rien prévoir avant leur tour (il est vrai que le jeu est un peu chaotique : difficile de prévoir l'état du plateau après le passage de trois joueurs). Du coup jusqu'à leur tour ils sont dissipés ou alors ont l'impression que le jeu est déséquilibré : certaines combinaisons de technologies leur paraissent trop fortes.
Évidemment ce n'est pas le cas et ce n'est qu'avec l'expérience qu'on se rend compte des contre possible ou des bons moments pour empêcher les adversaires d'obtenir lesdites combinaisons de cartes.
L'effet est renforcé par le fait que les parties sont finalement assez courtes. On a tendance à prendre le jeu à la légère alors qu'il faut en fait maintenir sa concentration sur toutes les actions des adversaires.
Wiraqocha est donc un bon jeu, très plaisant à jouer (même quand on subit du début à la fin) mais on ne l'apprécie à sa juste valeur que si on s'y investit. Il faut un nombre conséquent de parties (je dirais environ 5 au moins) pour commencer à le maîtriser... et certains ne sont pas prêts à s'investir autant.