Le bon compromis entre légèreté et stratégie
Yspahan est ma dernière aquisition, acheté les yeux fermés et je n'en suis absolument pas déçu.
C'est un format tout à fait adapté à la fois à mes envies :
il est intéressant d'un point de vue stratégique
les mécanismes sont originaux
il est esthétiquement réussi
et à mes contraintes ludiques actuelles :
il est jouable de 2 à 4 joueurs (pas besoin de rameuter une horde de joueurs pour sortir Yspahan)
il est facile à expliquer et court (une heure à 4 joueurs), donc facile à caser dans tout type de soirée
Les dés : oui, on en lance des pelletées. Oui, il arrive qu'un jet de dé défie les lois de la probabilité et avantage un joueur. Mais Yspahan n'est pas un jeu de hasard. C'est un jeu ou le hasard est un paramètre à prendre en compte dans sa stratégie. Et à Yspahan, la stratégie gagnante est souvent l'opportunisme : il faut s'adapter au destin :-).
Le mécanisme de la fameuse tour que l'on remplit de dés est à ce sujet très bien pensé : pour chaque étage, trois actions possibles. L'une est fonction du nombre de dés présents dans cet étage (prise de cubes, de chameaux ou de sous), l'autre de la valeur de ces dés (déplacement de l'intendant), et la dernière indépendante des dés (pioche d'une carte, sachant que les cartes sont toutes très puissantes). Difficile de ne pas trouver de quoi faire !
Yspahan est un donc un jeu qui m'a séduit. La part de hasard, évidemment supérieure à Caylus, est le prix à payer quand on aime choisir son coup après de savants calculs de probabilités. La partie la plus improbable peut bien arriver un jour... mais comme les parties sont courtes, la revanche vient vite et ce ne sont pas les dés qui empêchent, à la longue, de déterminer le marchand le plus fin stratège !