"Passionnant à 2, sous un vernis bien consensuel »
Parties jouées : 5 à deux joueurs
Matériel : Là, comment dire, c’est un peu le « coup de trop » pour moi. Les illustrations de ce genre, j’en ai un peu marre, voilà, c’est dit. Le style Menzel, comme on dit, dessin réaliste, assez neutre, un peu comme dans un livre d’histoire illustré pour les enfants. J’ai déjà les Piliers de la Terre dans le genre (mais j’y aime beaucoup le côté Diorama, voir tous les petits bonhommes cachés un peu partout).
A part ça : On sent tout de même un matériel de qualité qui fait plaisir à manipuler. Les tuiles et les plateaux : du bon carton de qualité. Les cartes : toilées, très agréables à toucher. Les pions : là non plus, je ne suis pas ébloui : du bois, certes, de belles couleurs, oui aussi, mais des profils de serviteurs assez désagréables à manipuler, finalement, et pas très « visuels ». Bref, je suis assez mitigé sur le matériel.
Thème : Et bien, non, là, je crois que c’est raté… Pourtant, un jeu aussi réussi et agréable à jouer aurait mérité autre chose. Le thème, comme les illustrations, joue le conformisme à fond et c’est bien dommage. La partie qui me gêne le plus étant le « recrutement » des nobles dans la cour, sur le plateau fixe où on place les petites tuiles carrées. Cette histoire de recrutement n’a aucun sens et on perd le fil de l’histoire immédiatement, si on l’avait conservé jusque là avec ces serviteurs parcourant les salles de Versailles à la recherche de l’argent, des sceaux…
Quel dommage, tout de même de ne pas avoir cherché quelque chose de plus goûtu…
Avis ("C'est mon opinion et je la partage") : Bon, quand on a passé ce genre de détails, on a découvert un jeu qui nous a passionné et qu’on a trouvé bien original. D’abord, il faut trouver la bonne recette pour bien faire tourner ses serviteurs dans le palais : du déplacement, des nouveaux arrivants, de l’argent, des sceaux… Pas facile de trouver l’équilibre entre ces différentes composantes. Le début de partie est consacré à acheter certaines tuiles qui faciliteront les déplacements, qui permettront la venue des serviteurs supplémentaires… Dans un deuxième temps (qui est aussi un peu le premier), il faut surveiller le bord du parc ! Pour les majorités de fin de partie, c’est très important. Enfin, il faut recruter des nobles qui valent des points (les nobles à 9 ou 8 points)… Pas simple, non ?
Et puis, si on trouve la recette, non seulement l’adversaire est là pour faire écrouler les plans les mieux ourdis (prendre les tuiles avant vous, vous empêcher d’avoir la majorité dans une salle du palais en y laissant toujours plusieurs serviteurs…) mais le jeu va lui-même changer de physionomie d’une partie à l’autre puisque le palais est à géométrie variable : on place les salles une à une au début de la partie et au hasard ! Une partie verra l’entrée des serviteurs en plein milieu du Palais, une autre, ils rentreront dans un coin. J’adore ce principe qui bouleverse tout à chaque partie.
Par ailleurs, toutes les tuiles qui sont posées dans le parc ne sont pas utilisées à chaque partie : ainsi la pénurie s’organise différemment d’une partie à l’autre : parfois, il n’y a qu’une tuile dans le Parc (sur les 2) qui permet les déplacements en diagonale. Dans une partie ou l’entrée des serviteurs se fait au centre du Palais, cette tuile est fort utile et ce sera au premier qui la prendra…
Bref , un jeu passionnant, avec beaucoup de renouvellement et plein de choses à apprendre au fil des parties. Nos 5 premières joutes ne nous ont pas encore permis d’en faire le tour.
Certes ce jeu nécessite de réfléchir un minimum quand son tour revient. Et il sera assez difficile d’y faire jouer un débutant car le joueur expérimenté aura un bel avantage sur lui. Connaissant ces contraintes, vous pouvez choisir ce jeu, vous ne le regretterez pas.