Le pays d'Han
Yspahan, c'était un peu comme un pied de nez quand Ystari a décidé de l'éditer. Pensez donc : après Ys, Caylus, et Mykerinos, l'éditeur à la mode des vrais joueurs, les durs, les tatoués, décide de sortir un jeu avec... des dés ! Et puis pas qu'un ou deux : c'est toute une poignée qu'on lance à chaque tour.
Bon d'accord, il avait été primé au concours des créateurs de Boulogne-Billancourt, et en fait les dés servent simplement à définir les actions que les joueurs vont pouvoir sélectionner l'un après l'autre. Donc finalement, le jeu est bien à sa place dans cette famille, et tout le monde y trouve son compte.
On a donc là un jeu qui boxe dans la catégorie "poids moyen", le calibre d'un Puerto Rico ou d'un Carcassonne.
Yspahan est un jeu de placement où les joueurs vont récupérer des points de victoire en jonglant entre deux principales sources : les souks (le plateau principal) et la caravane (un plateau secondaire). Conjointement à ces deux choix s'ajoutent des bâtiments, et enfin quelques petits points bonus peuvent encore s'obtenir grâce à des cartes. Initialement prévu pour 3 ou 4 joueurs, des règles pour 2 joueurs ont par la suite été publiées, qui fonctionnent à merveille : Yspahan est pour moi un des jeux "à plus" qui marchent le mieux en configuration réduite à deux joueurs.
Le jeu n'est pas forcément des plus simples à expliquer à des néophytes (là c'est le nombre de dés qui compte, là c'est la valeur...), mais dès qu'on en fait un tour tout s'éclaire.
Côté matériel, le jeu est très riche de variété et est un plaisir à manipuler. Déjà, chaque joueur a son propre petit plateau sur lequel il va pouvoir indiquer les bâtiments qu'il aura acquis, et à cela s'ajoute encore pas moins de trois plateaux différents : la ville avec ses souks, la caravane, et la tour où l'on posera les dés par étages. Plutôt qu'un grand plateau, le fait d'avoir plusieurs parties séparées permet d'organiser l'espace de jeu comme on l'entend, un peu à la manière des fenêtres qu'on arrangerait à son goût dans son application informatique préférée. Et puis il y a des cubes en bois, certains colorés, d'autres avec des points dessinés pour indiquer des chiffres différents de 1 à 6... des cartes, et enfin des pièces et de petits chameaux en bois, qui font la joie de mes joueurs essayant de battre le record de la plus haute pile...
En conclusion, Yspahan est un jeu très agréable, abordable, mais qui reste suffisamment riche pour rassembler des joueurs occasionnels et des joueurs plus aguerris autour de la même table.