Dans la lignée
Il faut d'abord rappeler haut et fort que je suis plutôt, quand même, très porté vers la famille des kubenboa, porté sur les fonds baptismaux du JDS par les bonnes fées Puerto Rico et Caylus.
Dans cette grande famille, Descendance porte bien son nom.
Voilà un jeu qui ne peut pas tellement maquiller ses influences : on est bien dans le jeu typique de pose d'ouvriers, garanti 100% cube en bois dont vous ne retiendrez jamais autre chose que la couleur (ah si, le noir c'est la peste).
On est bien dans le jeu où il faut comboter à mort, et vas-y que je t'échange 2 verts contre 1 marron qui, ajouté à un orange, nous font une cariole que je peux fourguer avec 2 blés pour avoir une tuile de 5PV.
On est bien dans un jeu où l'on est tenté de se foutre éperdument du thème, par ailleurs flingué par une esthétique douteuse (personnellement, Descendance fait partie de mon top10 des pires couvertures, et seule raison pour laquelle je ne l'ai pas acheté !!!)
Si nous en restions là, nous serions donc en train de parler d'un énième ersatz.
Mais Descendance est mieux qu'un ersatz, oui, nettement mieux que ça.
Tout d'abord, il y a cette mécanique d'"obsolescence" (oui, je sais, ce n'est pas dans le thème) des ouvriers, qui ajoute une dimension essentielle au jeu.
Bien choisir le tempo, le moment (et le lieu) où nos ouvriers vont mourir... oui, cela nous change pas mal, mine de rien.
Et puis, il y a l'équilibre. Ah, combien de fois la question a-t-elle été posée ?
Le voyage est trop ultime. A moins que ce ne soit le marché ?
Rhhha, mais vous n'avez rien compris, c'est l'église qui met tout le monde d'accord.
En tous cas, il faut faire naître régulièrement. Ou très vite. Ou pas, certaines actions sont prioritaires...
Merde.
Il y a une martingale à Descendance !!! Oui, mais laquelle ?
Eh bien, je vais le révéler ici même, il y en a une : si on vous laisse tranquille dans votre coin, vous allez gagner.
Fort, non ?
Alors non, le jeu n'est sans doute pas équilibré... si les joueurs ne cherchent pas à ce qu'il le soit.
Parce qu'il est maquillé en jeu stratégique, celui qui arrivera à rester seul sur sa ligne l'emportera.
Si on le prend pour ce qu'il me semble plutôt être, à savoir un vrai jeu d'opportuniste où, pour tout un tas de raisons, il faut être prêt à racler à tous les râteliers, on découvrira un jeu beaucoup plus original, riche et varié que les longues dissertations stratégiques pourront le laisser penser.
Descendance est donc le résultat d'un excellent travail d'artisans dévoués, dont le ramage vaut bien plus que le plumage.