Bio et top
Contexte : 5 parties solo, 1 multi à 3
première qualité déjà de ce jeu : il m'a permis le jeu de mot le plus facile pour un avis :)
blague à part : d'autres l'ont déjà évoqué, c'est vraiment appréciable en terme de production ce genre de jeu qui essaie une démarche écologique/production locale. Ça ne décide pas si le jeu est bien, mais ça ajoute au plaisir
Le jeu lui-même, c'est une belle sensation de fraicheur dans ce qu'il procure. Même si en soit, comme tout jeu désormais, mécaniquement il n'y a rien de fondamentalement nouveau. On retrouve un peu de bagbuilding à la Orlean , une carte à occuper à la Deus, des décomptes communs et des cartes à effets permanents/à activer/ à scoring de partie.
L'aspect très agréable du jeu c'est que le thème se retrouve vraiment dans les mécaniques : les territoires donnent des ressources, qui peuvent permettre de poser d'abord des herbivores et notamment des insectes, puis des insectivores qui vont manger (les cubes sur les cartes des animaux) des herbivores, eux même utilisés pour poser des carnivores. Et toutes les actions vont demander à sacrifier, selon usages un élément (cube) de cet écosystème. Ça rend parfaitement compte de l'aspect cyclique de la nature et est à prendre en compte au niveau de la stratégie (plus on aura de cubes de forêt par exemple , plus il sera intéressant d'avoir des animaux y vivant et inversement). Avec des considérations comme : faut-il utiliser les animaux pour activer des actions ou bien les laisser un peu, pour avoir la taille critique pour déclencher des reproductions ? Faut-il au contraire utiliser des cubes d'animaux pour enrichir notre réserve afin qu'au prochain tour on ait le maximum de nouvelles ressources possibles ?
Attention, contrairement à l'image mignonette de la couverture, c'est un jeu retors , pas loin de l'expert en terme d'exigence (anticiper les tours, l'usage des cubes, le développement sur la carte). Même s'il pourra se jouer aussi en dilettante car les règles restent assez abordables. C'est un jeu aussi assez interactif, voir potentiellement violent : la carte (pour scorer sur les territoires, pour avoir matière à compétition permettant de se développer, pour les malus d'expansion), les cartes disponibles (merci l'éditeur du rectificatif d'avoir mis ainsi toujours 3 cartes visibles), et aussi certains effets (prédateurs) .
Niveau des effets de cartes, c'est le juste dosage comme il faut. On pose dans une partie une dizaine de cartes mêlant effets passifs, à activer , ou point de fin de partie. De quoi avoir juste le plaisir des petits effets sans sensation de "trop" et devoir passer son temps à relire les cartes.
Ça résume d'ailleurs assez bien le jeu : le juste dosage, il y a dedans ce qu'il faut en règle, une sensation d'une production inventive, personnelle, très riche. L'une mes coups de coeur de cette année ( à confirmer en multi )