Cthulhu et Nyarlathotep sont dans un bateau...
Cthulhu Wars a probablement ouvert le bal de la démesure sur les plateformes de financement participatif. Par démesure, je vise non pas la somme des figurines (CMON avec Zombicide avait planté le premier clou) mais plutôt la taille, totalement démesurée, et parfaitement assumée, desdites figurines (brèche dans laquelle s'est engouffré CMON avec ses figurines géantes de Cthulhu et Godzilla).
Et, il faut bien l'avouer, manipuler ces monstres (dans tous les sens du terme) de plastique procure un réel plaisir jubilatoire. Derrière son côté flashy, on découvre ensuite un véritable jeu, qui laisse rarement indifférent. Rien que les 4 factions proposées par la boite de base proposent 4 façons de jouer assez différentes.
Le plaisir peut être démultiplié par la somme invraisemblable de factions, cartes, monstres indépendants, proposée en extensions.. mais ce n'est pas l'objet du présent avis. On s'en tiendra donc à la boite de base, déjà très abondamment fournie, et garante de nombreuses heures de jeu. Quelques bémols à regarder en face, cependant. D'abord, le plus évident : le prix du jeu, aussi démesuré que sa proposition. Depuis ce jeu, de nombreuses productions ludiques ont allègrement brisé la barre des 100 €, mais cela reste un investissement plus que conséquent.
Ensuite, la taille de la boite, qui n'entrera pas dans toutes les étagères, même si là aussi le format moyen des boites de jeu - principalement en financement participatif - a considérablement enflé depuis de nombreuses années.
Enfin, le nombre de joueurs requis pour une partie intéressante : 3 est un minimum, le jeu prend sa pleine mesure à 4 ou 5 joueurs (avec la possibilité d'aller jusqu'à 11 avec la carte et les factions supplémentaires qui vont bien). Des règles ont été proposées pour jouer à 2, mais le résultat est une vaste blague, totalement dénuée d'intérêt. La force de ce jeu, c'est précisément la diversité des interactions entre les factions, le subtil équilibre qui s'instaure entre attaques frontales et guerre de position..
Un dernier mot, en forme d'aparté, pour regretter le manque de transparence, voire même les manoeuvres dilatoires de Petersen Games, qui ont conduit à l'extinction de ce jeu, qui aurait mérité un meilleur avenir.