Panda Spleen
A l’heure où arrivait (mars 025) dans les boîtes aux lettres, la version ultime et révisée du meilleur jeu du monde (Ultimate Innovation), son auteur déboulait au même moment en vf avec un jeu de plis touffu et tout fou. Panda Spin est beau avec ses illustrations qui luisent et ses animaux déïfiques ornés de riches parures. Et dense (avec les loups). Voilà un jeu de plis qui part avec une base simple, on pose des combinaisons et il faut suivre : si on pose une paire, il faut jouer des paires, un brelan, idem, toujours de valeurs supérieures. La carte, la plus haute (As) est battue par un symbole = ou une bombe (4 cartes identiques ou plus) ou, selon la condition affichée, par une carte élément ( La terre remporte le pli si ce dernier contient un symbole panda/Le feu : il faut avoir 7 cartes ou moins pour le jouer…). Les cartes ont des symboles permettant des actions alternatives : le panda vole un point au joueur précédent ou bascule une carte de sa main, l’eau sert de joker, le bambou gagne un point pris de la réserve et le feu permet de défausser une carte de sa main. Oui, car le but du jeu est de se défausser de toutes ses cartes. Mais il reste encore un détail, qui a dit…basculer ? Quand on perd un pli ou que l’on passe, on bascule ses cartes de 180° La moitié du haut se retrouve en bas et le bas, plus puissant devient votre nouvelle valeur jouable. Un 3 peut très bien devenir un 555, d’ailleurs c’est inscrit sous le 3. Vous avez déjà un 5, vous voilà avec une bombe.
Il faut quelques manches pour piger le truc. Celui de se préparer, si on vous en laisse la possibilité. Perdre un pli pour récupérer sa carte et devenir plus fort est plus qu’intéressant, mais à un moment il faut aussi poser des cartes et vider sa main pour ne pas donner trop de points au voisin si jamais on perd. Il faut donc une vue globale de ce que l’on peut améliorer : un simple 4 en brelan, une valeur qui peut alors s’intégrer dans une suite etc. Là-dessus s’ajoute les effets et les éléments. On peut jouer sans pour les premières fois. Panda Spin propose une grosse salade qu’il faut apprendre à mélanger pas à pas pour atteindre une combinaison qui en impose. Un peu comme les achats dans Scout. Bien sûr cela reste un jeu de cartes et une bonne main de départ est un atout, avoir des cartes uniques si on joue en combinaison sera plus difficile à placer et on peut passer plusieurs tours sans jouer. On connaissait Carl Chudyk pour son excellent Red 7, déjà tordu, on le retrouve ici avec un mélange de Scout, Tichu ou, moins connu, Prey et ses cartes qu’on bascule en cours de partie. Panda Splin peut être agréable si on aime se compliquer la vie tout en acceptant le chaos. Tordu, indomptable, un peu trop chargé, je ne suis qu’à moitié charmé.